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Un soir, un livre 2020

 

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Lundi 8 juin à 18h00 chez Chantal Chavot
  Autour  du prix Médicis 2019 :
Miss Islande de  Auour Ava Olafsdottir  
(Zulma, 2019)

 

Ci-dessous, les derniers comptes rendus rédigés par Jeanne Bem
 

19 février 2020

image : cafes litteraires/Un soir un livre/Un soir 2020/Un_Soir_2020_Flamand_Couv.jpg

Compte rendu de Djinn et Christophe Naigeon en l'absence de Jeanne Bem

Djinn et moi pensons après coup qu’il était sans doute un peu téméraire de proposer un premier roman d’un "moins que trentenaire". Gaspard Flamant avait été déjà publié dans le journal Libération à l’occasion d’un concours de nouvelles et il avait travaillé sur les questions d’écriture dans les prisons. Shorba a été dans le dernier carré des "Pépites" du salon du livre de jeunesse de Montreuil et, comme vous l’avez vu sur la couverture, "labellisé" par Amnesty International. Paru il y a moins d’un an, le livre a connu un plutôt bon succès public et un second roman est un préparation chez le même éditeur.

Il s’agissait donc d’un auteur et d’un livre engagés et d’un texte destiné au public "grands ados / jeunes adultes". Tout ceci a pu en surprendre certaines et certains. En tout cas, nous n’étions que cinq mercredi (en comptant Djinn et moi-même). Ce compte-rendu est donc uniquement fondé sur un échantillon très étroit de notre cercle de lecture. Tenant compte du fait que beaucoup de membres qui ne sont pas venus se sont abstenus parce qu’ils n’ont pas voulu aller plus loin dans leur lecture qu’un "sondage" à travers le texte ou bien qui ont abandonné en cours de route - ce qui est déjà donner son avis - le résumé de nos discussions va donc refléter les commentaires des personnes qui sont allées jusqu’au bout et qui étaient d’emblée plutôt curieuses d’aborder des formes littéraires sans doute un peu inhabituelles.

La discussion a d’abord porté sur le style et les avis ont été divers. "Écriture banale parsemée d’argot" ou, au contraire, "bon travail sur le langage des jeunes", ceci posant le problème de la retranscription écrite du langage parlé et soulignant la différence entre l'expression du "je" (le personnage de Shorba") et celui de l’auteur. Une critique aussi concernant l’éditeur qui n’a pas jugé utile de traduire en notes de bas de pages certaines phrases entières en Arabe ou en Espagnol.

Il a ensuite été question du message "moral". Regrettant que parfois la solution des problèmes se trouve dans la violence rendue en réponse à la violence subie, il a été souligné que la génération 68 (Léo) rencontre ici la génération Ghetto, réunies pas des valeurs finalement très humanistes, la première ayant pensé et théorisé ses aspirations et ses actes, la seconde ayant été entraînée hors de son désœuvrement et son univers rétréci vers un monde plus vaste (la bibliothèque, la montagne…) et une "cause" qui la dépassait. "Un négatif de Lacombe Lucien" a-t-il été dit.

Les personnages ont été jugés forts et bonne la description des migrants, des rapports entre eux et, en particulier, les femmes, fortes têtes de l’histoire, ont bien plu. La situation de la prison a aussi été jugée intéressante, et notamment appréciée l’idée d’en "sortir moins con" prônée par Léo.

La construction en deux périodes entremêlées sous forme de flash-back entre la période actuelle et 10 ans avant a été jugée utile à la compréhension progressive des ressorts de l’intrigue comme du caractère de l’instigateur de cette initiation des jeunes de Vénissieux à l’idée qu’une autre vie est possible.

En espérant que ce rapide compte-rendu aura été fidèle, nous vous remercions de nous avoir confié l’intérim de Jeanne à qui nous souhaitons tous un rapide recollage des morceaux !