Un soir, un livre 2026
Cercle de lecture convivial ouvert à tous, qui fonctionne sous la houlette de Jeanne Bem
On se rencontre une fois par mois environ et on discute du livre choisi lors de la précédente rencontre.
On peut venir aussi juste pour attraper le désir de lire.
Les comptes-rendus sont rédigés par Jeanne Bem

Prochaine rencontre
Chez Agnès, Autun, 12 février à 15 heures.
Autour de 2 livres de Marcel Aymé
Le Passe-muraille et Les contes du chat perché
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Le 8 janvier 2026

Hier nous étions sept, réunies chez Colette: merci pour son bel accueil !
Le roman de Jens Christian Grondahl, "Au fond des années passées", se prête à la discussion, et celle-ci a été particulièrement animée. C'est un texte qui éveille en chacun des échos variés. Pour notre groupe l'auteur était une découverte, alors que Gallimard a déjà publié douze de ses romans, depuis 1999. Il a un public en France!
La plupart des lectrices ont apprécié l'art du romancier danois, qui a été comparé à Modiano (pour le retour aux années de jeunesse dans un passé un peu trouble); aux Russes genre Dostoïevski pour la lumière nordique, l'intensité des affects, les personnages aux caractères marqués, inscrivant en sous-texte des interrogations éthiques et philosophiques; on peut aussi penser à Flaubert et au héros de "L'Education sentimentale", Frédéric, qui est depuis 1869 le prototype du jeune homme qui se laisse porter par les rencontres et par les événements sans jamais arriver à donner un sens à sa vie. Il y aurait aussi des rapprochements avec des réalisateurs. Ce roman est cinématographique, l'auteur a un sens aigu des séquences-promenades et des jeux de lumière, c'est un romancier du regard.
A une exception près, d'une participante qui n'a pas "accroché", à peu près tout le monde était d'accord pour reconnaître de grandes qualités à ce roman, et d'abord le style, fluide et insaisissable en même temps. "Pourquoi elle? La question est mal posée, car tout a commencé avec elle [...]" (page 34). Grondhal possède l'art inexplicable de vous absorber, de vous pousser à continuer à lire même si vous ne comprenez pas tout. Chacun avait un beau paragraphe, une belle phrase à lire à voix haute, parfois un passage bizarrement métaphorique, comme cet appel à des "mots" qui doivent "saisir, mâcher et transformer l'être avec leurs sensations, leurs tentacules et leurs mandibules" (page 114).
Sur le plan de la forme narrative, c'est un livre très normal : récit à la première personne; deux époques racontées à la file, séparées par environ quarante ans, le Narrateur d'aujourd'hui revisitant et jugeant le jeune homme qu'il avait été; une intrigue classique : un homme et une femme qui se sont aimés jadis se retrouvent après que chacun a vécu une longue et un peu décevante expérience maritale; le décor est un peu étrange pour le lecteur qui n'est pas familier de Copenhague - mais rien de trop dépaysant. Nous avons des aperçus sur l'atmosphère politique au Danemark dans les années 1980, incarnés dans une poignée de personnages typiques et reconnaissables. Pour ce qui est des années 2020, le romancier se rapproche de nous avec des thèmes d'actualité, tels que "me too", ou encore le refus de la binarité de genre. Il faut signaler les moments d'humour, ou simplement de légère ironie tendre.
Nous avons conclu que ce roman se prête à la relecture! Elle nous ferait découvrir encore d'autres facettes non vues, non lues!










