Un soir, un livre
Activité gratuite ouverte à tous, y compris les non adhérents.
On discute d'un livre choisi d'un commun accord auparavant.
On peut même venir juste pour attraper le désir de lire...
Pour s'informer, participer, organiser, accueillir... Jeanne Bem : jeannebem@yahoo.fr
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Le roman de Carole Martinez, Le coeur cousu, a suscité des débats très animés. |
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Nous avons ouvert l'année en grand nombre, et en sympathie avec Aragon. La discussion a bien duré deux heures. |
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Il le doit à sa spontanéité (il pratique l'écriture automatique des surréalistes) et tout simplement à son don, à sa virtuosité d'écriture. Le roman est tout chargé aussi d'inscriptions secrètes de son histoire familiale et d'allusions aux autres romans du cycle du "Monde réel" - si vous avez mordu aux Voyageurs, vous aimerez Les cloches de Bâle, un roman conçu autour de la figure de la femme moderne, qui se passe surtout à Paris au début du XXe siècle et qui ne rejoint Bâle que dans les toutes dernières pages (il s'agit du Congrès de Bâle organisé par la IIe Internationale socialiste, en 1912, qui voulait empêcher la guerre et qui échoua). |
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Réunion en présence de l'auteur
La rencontre du 16 novembre avec François Beaune à l'Hexagone a été bien appréciée, même si certains des lecteurs de L'Ange noir, ont trouvé ce roman très "noir"!
C'est toujours intéressant d'écouter un auteur parler de son travail! Il nous a dit qu'il avait voulu inscrire son livre dans un genre: le roman noir, le polar. Il avait voulu entrer dans la tête d'un tueur sériel. Il a aussi reconnu ses affinités littéraires avec Dostoievski, Céline, le roman américain... Mais son personnage, Alexandre Petit, est bien un trentenaire d'aujourd'hui, un jeune homme "différent" et "ordinaire" en même temps. Surtout, l'auteur a parlé avec simplicité et précision de sa manière de travailler: il prend des notes, écoute autour de lui, s'intéresse à la langue, aux particularités de langue des gens; puis un personnage se dégage peu à peu de ce magma; finalement il rédige, en reprenant et en réécrivant beaucoup, en accord avec ses éditeurs. Dans ce cas particulier, il fallait ménager le suspense, et c'était difficile. |
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ll fut question de sa façon de travailler et de son projet actuel sur une année : la collecte "d'histoires vraies" autour de la Méditerranée, un mois pour chaque étape. Ni exotisme ni sauvegarde, plutôt "proposer de la matière première neuve pour voir et penser le monde d'aujourd'hui". François Beaune aime rencontrer les gens, l'écoute fut réciproque !
En 2008 et 2010, François Beaune a participé à la Fête du Livre d'Autun.
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Lundi 10 octobre 2010, chez Jeanne. Nous avons passé une belle soirée "italienne", très animée, commencée au son de la chanson des ouvrières des rizières de Padoue, "Bella Ciao". Le roman de Silvia Avallone, D'acier, se passe sur la côte toscane, en face de l'île d'Elbe, dans une ville industrielle réelle, Piombino, où fonctionnent encore des aciéries (la Lucchini du roman et même une Arcelor Mittal). C'est "la vraie Italie", l'envers de l'Italie des touristes. C'est un roman très "noir", à la manière de Zola, pire encore car il reste peu d'éléments positifs, tout est détruit, c'est le monde "postmoderne". On est en 2001-2002, au début de l'ère Berlusconi (dont on ne sait s'il est la cause ou le symptôme de cette désintégration, en Italie). Le personnage du jeune ouvrier, Alessio, un garçon de son temps, pas un ange, est tout de même porteur d'un discours de résistance, face à son maffioso de père: il existe encore une conscience ouvrière en Europe. Mais Alessio n'est pas organisé, en Italie comme ailleurs tout a lâché - les services sociaux, les partis politiques, les syndicats, l'église même. A la fin, Alessio est accidentellement écrasé par les chenilles de l'engin conduit par son ami Mattia. La jeune romancière l'a symboliquement sacrifié. |
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Tout le monde s'est accordé pour trouver que l'observation du réel était très juste, en particulier pour ce qui est de la condition ouvrière aujourd'hui, mais aussi concernant le monde des adolescents, leur précocité, leur fragilité, leurs plaisirs et leurs rêves. L'extrême brièveté de ce moment de la jeunesse, dont témoignent aussi les mères, jeunes encore et déjà usées. L'oppression des femmes a pour pendant le machisme - les pères des deux héroïnes sont des sortes d'ogres. On s'est demandé s'il y avait des éléments autobiographiques, tellement le cadre, les détails concrets, les impressions sensorielles, l'atmosphère, semblent pris sur le vif. Comme par exemple les souvenirs d'enfance et les jeux des deux jeunes filles de 14 ans, Francesca (qui veut devenir mannequin, passer à la télé) et Anna (qui veut faire des études). Leur amitié, leur amour, qui remonte à l'âge de deux ans, est au coeur du roman et en constitue la trame sentimentale la plus brûlante. |
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Silvia Avallone a choisi un espace très fermé malgré la mer. Personne ne va nulle part, même pas sur l'île d'Elbe, si proche, qui est l'horizon inaccessible revenant constamment en leitmotiv. A l'intérieur de cet espace, les destins croisés d'un petit groupe de personnages se déroulent sur un an. L'auteur a une écriture contemporaine, influencée par le cinéma, la BD, le roman graphique: découpage cinématographique; longs dialogues en style oral, en argot; travelling et panoramique; montage alterné; et dans les dernières pages un texte fragmenté, dans une accélération haletante. Jeanne Bem.
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Le roman de Katarina Mazetti, Le mec de la tombe d'à côté (1998), traduit du suédois, a suscité une discussion animée. Sous son aspect humoristique, il présente des problèmes de société et de psychologie du couple qui sont de partout. Le fermier célibataire, qui pourrait être morvandiau, est traité avec délicatesse - on pense aux paysans des Cévennes dans le documentaire de Raymond Depardon, La vie moderne (2008). Le fossé culturel et le côté torride de la passion rappellent de grands modèles littéraires comme les romans de D.H. Lawrence, L'amant de lady Chatterley ou La fille perdue - la différence étant que le romancier anglais était d'un sérieux imperturbable. C'est l'héroïne, Désirée (quel est son vrai prénom en suédois?), qui a enflammé les échanges. Antipathique pour les uns, égoïste, arrogante, elle a été mieux comprise et défendue par d'autres. Notre citadine ikea aurait-elle dû oublier ses rayonnages de livres pour s'intéresser davantage aux vaches? En fait elle est déjà un peu démodée - elle a 35 ans au milieu des années 90, c'est avant Internet. Mais elle est typiquement la jeune femme moderne du 20e siècle, cette femme émancipée dont parle Norbert Elias (cité par Nathalie Heinich dans son essai de sociologie littéraire Etats de femme. L'identité féminine dans la fiction occidentale, 1996). Cette émancipation a déstabilisé le couple traditionnel, et ce roman met le doigt avec légèreté et sûreté sur ces nouveaux et apparemment insolubles problèmes existentiels et relationnels. |
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Le roman de Jacques Gélat, La Couleur inconnue (2000), est publié chez José Corti, l'éditeur du Rivage des Syrtes de Julien Gracq, dans la collection "Merveilleux". |
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Le 15 juin, une quinzaine de personnes étaient présentes dans le jardin de Marie-Paule, devant le bel horizon des collines du Morvan, et autour du roman de Jacques Gélat : La couleur inconnue.
Jacques Gélat était présent à la 14ème édition de la Fête du Livre d'Autun, |
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Le 3 mai, onze personnes se sont réunies autour du roman de Makine qui a fait l'unanimité. Discussions animées, dans une atmosphère très conviviale. |
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Ce 29 mars, nous avons eu le plaisir d'accueillir Yannick Petit qui anime le mercredi à 21h l'émission Wagon-Livres sur Radyonne, ici : http://www.radyonne.fr/ |
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La réunion du 15 février a été très animée. Nous étions une quinzaine, et il y avait trois personnes excusées (Anne, Dominique et Yannick Petit). Un roi sans divertissement ne laisse personne indifférent. La première partie (la suite des saisons entre 1840 et 1845, avec toujours le moment culminant du solstice d'hiver) se présente comme un roman policier, et aussi un roman du terroir, mais reculé de cent ans, plein de ruses narratives. Giono a écrit son livre en six semaines avec un plaisir visible, il adore raconter et ses évocations de paysages, d'arbres, d'animaux, de moments météorologiques et de villageois truculents sont très réussies. Son style se savoure. La deuxième partie (les années 1846-1848) montre que Langlois, le policier, est le véritable héros du roman. On assiste (mais avec un recul narratif complexe, selon le moment où se situe tel ou tel narrateur) aux effets tragiques que la rencontre de M. V. a produits sur Langlois. Il est ce "roi" désespéré qui a été touché par la contagion de la cruauté. Derrière Langlois et M. V., se profile Giono. L'écrivain a fait une éprouvante expérience de la prison au moment de l'épuration, il a dû se replier sur son "moi", sur sa vie intérieure. Il a aussi une fixation sur le paysage de neige: c'est comme une page blanche qui "appelle" à être striée par des traces sanglantes. Sous l'emprise de la crise existentielle, pour Giono le seul salut qui peut se substituer à "tuer", c'est "écrire". J.B. |
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Mercredi 19 janvier 2011, 3e rencontre "Un soir, un livre". Nous nous sommes réunis hier chez Michèle et Gérard pour discuter du roman de Mathias Enard Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants (2010). Comme il y avait quelques absents, je résume notre discussion qui a duré une heure et demie.
Il y a eu un accord sur le côté "léger" du livre, le romancier n'appuie pas et esquive souvent. Il évoque quelques semaines dans la vie du jeune Michel-Ange, cela s'est passé il y a 500 ans et on ne sait pas grand-chose là-dessus, même s'il y a quelques documents.
Est-ce un roman historique? Oui et non, l'auteur se réfère à ce genre mais en même temps se met à distance par de petites remarques, des anticipations. Il évoque plutôt une ambiance, des impressions. Il énumère des objets, pose des paysages. Il capte l'émotion du personnage dans un geste. Il se demande si on peut vraiment accéder au réel, et si nous ne devons pas accepter nos limites. Enard est surtout intéressé par la forme, la recherche formelle: découpage en courts chapitres, scansion à travers les monologues intérieurs de l'Andalouse, montage, clôture (le héros est parti, il rentre, rien ne reste de ce séjour - sauf quelques lettres, un dessin de pont, et peut-être des souvenirs plastiques inscrits plus tard dans sa peinture). A cause de ce souci formel, des contraintes qu'il s'est données, de l'orientalisme, on peut rapprocher son roman de Seta (Soie), le roman d'Alessandro Baricco (1997). Parle-leur... peut laisser le lecteur froid, mais l'intéresser, comme pratique de l'art d'écrire et comme réflexion sur un artiste. Jeanne
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La deuxième séance a eu lieu le 19 novembre 2010, chez Jacqueline.
Les débats ont été vifs, le livre de P.Modiano suscite la passion, parfois le rejet, jamais l'indifférence |
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La première séance a eu lieu le 28 septembre 2010, chez Jeanne, à Chissey en Morvan. Le livre était La Montagne magique de Thomas Mann - un classique publié en 1924, si riche en thèmes de discussion que la séance a duré de 19h à 21h. |
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Ici, en Morvan, les participants n'ont eu aucun mal à s'acclimater à cette rencontre littéraire nouvelle formule.










































