Menu
Partenaires
A l'affiche


Conférence  
Dr Luc Périno   

16 mars 2012 - Luzy

UN SOIR UN LIVRE
27 mars 2012

Café philo
 Jeudi  22/03/02 - 20h15


J.L.Beaucarnot   
à la fête du livre 2012

     Ayez l'oeil !!
Le 15 de chaque mois
15 Livres en Cavale
lâchés dans la ville
pour la 15è de LPA

 

 


Recherche

Un soir, un livre

Activité gratuite ouverte à tous, y compris les non adhérents.
On discute d'un livre choisi d'un commun accord auparavant.
On peut même venir juste pour attraper le désir de lire...
Pour s'informer, participer, organiser, accueillir... Jeanne Bem : jeannebem@yahoo.fr

  
Prochaine rencontre : 27mars 2012
autour de La Casati 
Camille de Peretti ; ed. Stock 2012
18 heures, Igornay
(adresse sur demande par le site)
C. de Peretti sera présente à la 
Fête du livre des 14/15 avril
 
 

  

La Casati 

 
     

 Le roman de Carole Martinez, Le coeur cousu, a suscité des débats très animés.
 Il a été soutenu par une majorité (dont certains enthousiastes). On a aimé le basculement constant entre le monde du conte et le réel, l'aspect énigmatique et atemporel, la fantaisie des personnages et des péripéties, la beauté des couleurs, surtout peut-être l'énergie qui se dégage de cette écriture.
 Cependant, quelques-uns étaient plus réservés. Trop de prose poétique (il n'aurait pas fallu le lire juste après Aragon!), trop d'ethnographie, pas mal de cruauté, et cette impression que cela aurait pu continuer encore longtemps - c'est-à-dire que l'extinction du récit est difficile.
 Il paraît que le suivant, Du domaine des murmures, est un peu moins exubérant.

 
     

 Nous avons ouvert l'année en grand nombre, et en sympathie avec Aragon. La discussion a bien duré deux heures. 
Les voyageurs de l'impériale a été très apprécié pour la fresque historique qui mélange le vrai (par exemple l'Affaire Dreyfus) avec la fiction (l'intervention dans l'Affaire de M. Castro) et qui nous emmène de 1889 jusqu'à août 14 (non sans référence cachée à l'autre guerre, que le romancier voit venir avec horreur). On a admiré la capacité d'empathie d'Aragon pour tous ses personnages  - enfants, ados, adultes, vieillards, paysans, ouvriers, prostituées, "belles étrangères", bohèmes, bourgeois etc. -, ainsi que sa manière entraînante de raconter. Son style surtout, avec ses images charmantes, toujours appropriées, et son traitement de la parole (discours indirect libre, pas de guillemets) qui donne au texte une sorte de fluidité. Le livre est long mais on n'est jamais à la peine.
On parlé de la vie d'Aragon, qui a eu beaucoup de phases et de facettes, avec pourtant une continuité: une fêlure originelle. Celle-ci se traduit dans les contradictions dont est tissé le roman, qu'il s'agisse de la variété des caractères, des situations, des milieux, des lieux... Il y a les contradictions internes aux personnages, c'est très frappant dans le cas de Pierre Mercadier, sans parler de l'entremêlement entre individuel et collectif - les scènes de foule, de rue, aux "Hirondelles", au château, ou chez les Meyer....
Aragon arrive à rendre l'imprévu et l'inévitable des destins, le scintillement de la vie. Nous sommes tous des voyageurs de l'impériale.

 Il le doit à sa spontanéité (il pratique l'écriture automatique des surréalistes) et tout simplement à son don, à sa virtuosité d'écriture. Le roman est tout chargé aussi d'inscriptions secrètes de son histoire familiale et d'allusions aux autres romans du cycle du "Monde réel" - si vous avez mordu aux Voyageurs, vous aimerez Les cloches de Bâle, un roman conçu autour de la figure de la femme moderne, qui se passe surtout à Paris au début du XXe siècle et qui ne rejoint Bâle que dans les toutes dernières pages (il s'agit du Congrès de Bâle organisé par la IIe Internationale socialiste, en 1912, qui voulait empêcher la guerre et qui échoua).
Dans la discussion, on a trouvé que le romancier Aragon était bien meilleur que le poète. Quant à la noirceur du roman, assez zolienne, ou célinienne, elle est rachetée par la beauté du récit.

 
Réunion en présence de l'auteur
 La rencontre du 16 novembre avec François Beaune à l'Hexagone a été bien appréciée, même si certains des lecteurs de L'Ange noir, ont trouvé ce roman très "noir"!
 C'est toujours intéressant  d'écouter un auteur parler de son travail! Il nous a dit qu'il avait voulu inscrire son livre dans un genre: le roman noir, le polar. Il avait voulu entrer dans la tête d'un tueur sériel. Il a aussi reconnu ses affinités littéraires avec Dostoievski, Céline, le roman américain... Mais son personnage, Alexandre Petit, est bien un trentenaire d'aujourd'hui, un jeune homme "différent" et "ordinaire" en même temps.
 Surtout, l'auteur a parlé avec simplicité et précision de sa manière de travailler: il prend des notes, écoute autour de lui, s'intéresse à la langue, aux particularités de langue des gens; puis un personnage se dégage peu à peu de ce magma; finalement il rédige, en reprenant et en réécrivant beaucoup, en accord avec ses éditeurs. Dans ce cas particulier, il fallait ménager le suspense, et c'était difficile.
 
 

 
     
   ll fut question de sa façon de travailler et de son projet actuel sur une année : la collecte "d'histoires vraies" autour de la Méditerranée, un mois pour chaque étape. Ni exotisme ni sauvegarde, plutôt "proposer de la matière première neuve pour voir et penser  le monde d'aujourd'hui". François Beaune aime rencontrer les gens, l'écoute fut réciproque !
En 2008 et 2010, François Beaune a participé à la Fête du Livre d'Autun.
 
 
     

Lundi 10 octobre 2010, chez Jeanne. Nous avons passé une belle soirée "italienne", très animée, commencée au son de la chanson des ouvrières des rizières de Padoue, "Bella Ciao".

Le roman de Silvia Avallone, D'acier, se passe sur la côte toscane, en face de l'île d'Elbe, dans une ville industrielle réelle, Piombino, où fonctionnent encore des aciéries (la Lucchini du roman et même une Arcelor Mittal). C'est "la vraie Italie", l'envers de l'Italie des touristes. C'est un roman très "noir", à la manière de Zola, pire encore car il reste peu d'éléments positifs, tout est détruit, c'est le monde "postmoderne". On est en 2001-2002, au début de l'ère Berlusconi (dont on ne sait s'il est la cause ou le symptôme de cette désintégration, en Italie). Le personnage du jeune ouvrier, Alessio, un garçon de son temps, pas un ange, est tout de même porteur d'un discours de résistance, face à son maffioso de père: il existe encore une conscience ouvrière en Europe. Mais Alessio n'est pas organisé, en Italie comme ailleurs tout a lâché - les services sociaux, les partis politiques, les syndicats, l'église même. A la fin, Alessio est accidentellement écrasé par les chenilles de l'engin conduit par son ami Mattia. La jeune romancière l'a symboliquement sacrifié.

 

Tout le monde s'est accordé pour trouver que l'observation du réel était très juste, en particulier pour ce qui est de la condition ouvrière aujourd'hui, mais aussi concernant le monde des adolescents, leur précocité, leur fragilité, leurs plaisirs et leurs rêves. L'extrême brièveté de ce moment de la jeunesse, dont témoignent aussi les mères, jeunes encore et déjà usées. L'oppression des femmes a pour pendant le machisme - les pères des deux héroïnes sont des sortes d'ogres. On s'est demandé s'il y avait des éléments autobiographiques, tellement le cadre, les détails concrets, les impressions sensorielles, l'atmosphère, semblent pris sur le vif. Comme par exemple les souvenirs d'enfance et les jeux des deux jeunes filles de 14 ans, Francesca (qui veut devenir mannequin, passer à la télé) et Anna (qui veut faire des études). Leur amitié, leur amour, qui remonte à l'âge de deux ans, est au coeur du roman et en constitue la trame sentimentale la plus brûlante.

  Silvia Avallone a choisi un espace très fermé malgré la mer. Personne ne va nulle part, même pas sur l'île d'Elbe, si proche, qui est l'horizon inaccessible revenant constamment en leitmotiv. A l'intérieur de cet espace, les destins croisés d'un petit groupe de personnages se déroulent sur un an. L'auteur a une écriture contemporaine, influencée par le cinéma, la BD, le roman graphique: découpage cinématographique; longs dialogues en style oral, en argot; travelling et panoramique; montage alterné; et dans les dernières pages un texte fragmenté, dans une accélération haletante. Jeanne Bem.

 

    

 

 
§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§ §§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§§

Le roman de Katarina Mazetti, Le mec de la tombe d'à côté (1998), traduit du suédois, a suscité une discussion animée. Sous son aspect humoristique, il présente des problèmes de société et de psychologie du couple qui sont de partout. Le fermier célibataire, qui pourrait être morvandiau, est traité avec délicatesse - on pense aux paysans des Cévennes dans le documentaire de Raymond Depardon, La vie moderne (2008). Le fossé culturel et le côté torride de la passion rappellent de grands modèles littéraires comme les romans de D.H. Lawrence, L'amant de lady Chatterley ou La fille perdue - la différence étant que le romancier anglais était d'un sérieux imperturbable. C'est l'héroïne, Désirée (quel est son vrai prénom en suédois?), qui a enflammé les échanges. Antipathique pour les uns, égoïste, arrogante, elle a été mieux comprise et défendue par d'autres. Notre citadine ikea aurait-elle dû oublier ses rayonnages de livres pour s'intéresser davantage aux vaches? En fait elle est déjà un peu démodée - elle a 35 ans au milieu des années 90, c'est avant Internet. Mais elle est typiquement la jeune femme moderne du 20e siècle, cette femme émancipée dont parle Norbert Elias (cité par Nathalie Heinich dans son essai de sociologie littéraire Etats de femme. L'identité féminine dans la fiction occidentale, 1996). Cette émancipation a déstabilisé le couple traditionnel, et ce roman met le doigt avec légèreté et sûreté sur ces nouveaux et apparemment insolubles problèmes existentiels et relationnels.

 

   

 Le roman de Jacques Gélat, La Couleur inconnue (2000), est publié chez José Corti, l'éditeur du Rivage des Syrtes de Julien Gracq, dans la collection "Merveilleux". 
Plusieurs participants l'ont lu comme un conte, une fable - le seul problème, c'est qu'à la fin le méchant n'est pas puni et qu'on ne sait trop comment interpréter le sort du gentil héros: "Debout, devant la balustrade, il vit un trou énorme, blême, qui allait l'engloutir". Si c'est un roman d'initiation, on peut penser que le jeune Vivien a accompli son initiation en retrouvant dans un premier temps la mémoire de ses origines, matérialisée dans des récits et des objets, mais que dans un deuxième temps il s'est dépouillé de cet héritage pesant. Le vide n'est pas nécessairement négatif.
Parmi les objets merveilleux, il y a (symbole du temps et de son mystère) l'extraordinaire horloge transparente qui chaque jour à midi produit les sept couleurs du spectre solaire, plus la huitième, "l'inconnue". N'oublions pas non plus le moyen magique : ce fameux "souffle", qui est comme une baguette de sorcier, mais sous une forme dématérialisée.
Bref, Jacques Gélat a charmé les lecteurs. Une fois qu'on a accepté son atmosphère quelque peu métaphysique, on se laisse entraîner dans une histoire improbable qui tient entièrement par sa logique propre et par le pouvoir des phrases composant un récit aussi gratuit et nécessaire qu'un jeu de société. Dans le "Central", le club de billard qui est au centre de la toile de mots, on a cru reconnaître le "Certa", le café mythique du Paysan de Paris. Comme Aragon, Gélat captive le lecteur, qui accepte à sa suite de se confiner dans cet étrange lieu clos et à moitié inexistant (n'a-t-il pas été rayé du cadastre?) situé au centre d'un Paris intemporel et mis à distance - pour assister au lent ballet déroulant un drame immémorial. J.Bem.

     

Le 15 juin, une quinzaine de personnes étaient présentes dans le jardin de Marie-Paule, devant le bel horizon des collines du Morvan, et autour du  roman de Jacques Gélat : La couleur inconnue.

 

Jacques Gélat était présent à la 14ème édition de la Fête du Livre d'Autun,
 les 16 et 17  avril 2011 

        


 De conception "humble" selon son auteur, sans intrigue véritable car composé de huit moments extraits des trente ans que Makine a passés dans son pays avant de s'installer en France en 1987, ce livre attache pourtant profondément le lecteur. Makine fait passer quelque chose de "l'âme russe", dans une superbe langue française. Huit moments, huit histoires centrées sur une rencontre: à elles toutes, elles forment une histoire, une éducation — avec les rêves et les désillusions, la découverte précoce des mensonges d'Etat derrière la façade de la doctrine, mais avec l'expérience aussi de moments privilégiés qui valorisent l'authenticité et l'intériorité, et qui sont toujours liés à un décor, une saison, un paysage. La chute du Mur se greffe sur des dérives sociétales qui étaient en place déjà avant. Le ch. I dresse la figure de Dmitri Ress, l'aîné du narrateur, l'anarchiste sublime, la figure d'élection qui veille sur tout le roman. Mais au ch. VIII, dans la blanche lumière crue de la Côte d'Azur colonisée par les Russes nouveaux riches, la belle histoire de l'amour "éternel" de Ress pour la dame au petit garçon, à son tour, est fracassée. Que reste-t-il du film, sauf un écran blanc éblouissant?  C'est pourtant une étrange sérénité qui se dégage de ce roman très noir et très lumineux à la fois. Il aidera un jour les nouvelles générations russes à revisiter leur passé.
 

      

 

 Le 3 mai, onze personnes se sont réunies autour du  roman de Makine qui a fait l'unanimité.

Discussions animées, dans une atmosphère très conviviale.

   

 Ce 29 mars, nous avons eu le plaisir d'accueillir Yannick Petit qui anime le mercredi à 21h l'émission Wagon-Livres sur Radyonne, ici : http://www.radyonne.fr/
Le roman de Jean Marie Gustave Le Clézio, Ritournelle de la faim, a paru en 2008, au moment où l'écrivain a reçu le Prix Nobel. Le titre renvoie peut-être à un leitmotiv du roman, le Boléro de Ravel, et à la vraie faim, que l'héroïne, Ethel, connaît à Nice en 1942-44 comme Le Clézio enfant l'a connue lui-même au même endroit et au même moment - mais aussi à toutes les faims, faim de grandir, de comprendre, de rencontrer, de découvrir, d'aimer...
Certains ont été désorientés par ce roman qui leur a paru plat, monotone. Certes, il ne fait pas partie des livres à l'écriture vibrante de Le Clézio voyageur, admirateur des derniers hommes libres qu'il rencontre au Mexique ou dans les déserts ou dans les îles (même si l'horizon nostalgique de l'île Maurice imprègne Ritournelle, surtout à travers le personnage du grand-oncle).
 Une parenté avec Modiano a été notée par plusieurs participants. Car c'est un roman essentiellement parisien qui se passe dans des rues et des salons et qui travaille dans la nuance et l'allusion.
Ritournelle a trouvé plusieurs défenseurs parmi les lecteurs (lectrices) qui avaient peu accroché à sa sortie mais qui lui ont trouvé des beautés à la relecture. Comme L'Africain (2004) où Le Clézio partait à la recherche de son père, Ritournelle relève de ce regard de l'écrivain sur son passé familial. Il écrit ici un roman de formation et un roman historique à partir des confidences de sa propre mère. 
Mais c'est bien une fiction. Il reconstitue l'atmosphère de l'entre-deux-guerres à travers une petite fille à qui le monde parvient d'abord comme un "bruit" dans ces conversations de salon. Elle s'évade dans l'amitié passionnée qu'elle voue à son amie Xénia. Puis nous la voyons grandir au milieu du désastre familial, doublé d'un désastre historique européen. (La montée des extrêmes et la frivolité de la société ont des échos bien actuels pour nous!) Malgré les énormes contraintes qui pèsent sur elle, Ethel agit, mûrit, s'émancipe, c'est l'histoire d'une jeune fille attachante et lucide, semblable un peu à la Catherine Simonidzé des Cloches de Bâle d'Aragon. Ethel est une héroïne en demi-teinte, une héroïne obscure, comme on pouvait l'être au milieu du 20e siècle.

       
Le seul homme présent ce soir là, Yannick, a pris cette photo.

 

La réunion du 15 février a été très animée. Nous étions une quinzaine, et il y avait trois personnes excusées (Anne, Dominique et Yannick Petit). Un roi sans divertissement ne laisse personne indifférent. La première partie (la suite des saisons entre 1840 et 1845, avec toujours le moment culminant du solstice d'hiver) se présente comme un roman policier, et aussi un roman du terroir, mais reculé de cent ans, plein de ruses narratives. Giono a écrit son livre en six semaines avec un plaisir visible, il adore raconter et ses évocations de paysages, d'arbres, d'animaux, de moments météorologiques et de villageois truculents sont très réussies. Son style se savoure. La deuxième partie (les années 1846-1848) montre que Langlois, le policier, est le véritable héros du roman. On assiste (mais avec un recul narratif complexe, selon le moment où se situe tel ou tel narrateur) aux effets tragiques que la rencontre de M. V. a produits sur Langlois. Il est ce "roi" désespéré qui a été touché par la contagion de la cruauté. Derrière Langlois et M. V., se profile Giono. L'écrivain a fait une éprouvante expérience de la prison au moment de l'épuration, il a dû se replier sur son "moi", sur sa vie intérieure. Il a aussi une fixation sur le paysage de neige: c'est comme une page blanche qui "appelle" à être striée par des traces sanglantes. Sous l'emprise de la crise existentielle, pour Giono le seul salut qui peut se substituer à "tuer", c'est "écrire". J.B.

   

 "Il s'était habillé au fil des ans de jaune, de crème à liseré rouge et noir, de peintures : l'ombre d'un loup contre une fourche, un homme au vent qui saigne une oie, un chemin de sous-bois recouvert par la neige".

"(...)une poursuite. Un roman policier. Une enquête. Un opéra bouffe. Un mystère. Une chronique villageoise. Une méditation. Un long poème en prose. Un hymne à la neige, à la brume, au désert.(...) une histoire d'amour impossible entre une femme à visage d'homme et un homme à visage de pierre qui sont d'accord sur tout." 
S.Schérer sur Un roi in  l'Enjoliveur; Stock 2002.

 

Mercredi 19 janvier 2011, 3e rencontre "Un soir, un livre".
Une dizaine de particpants. Compte rendu :

Nous nous sommes réunis hier chez Michèle et Gérard pour discuter du roman de Mathias Enard Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants (2010). Comme il y avait quelques absents, je résume notre discussion qui a duré une heure et demie.
Il y a eu un accord sur le côté "léger" du livre, le romancier n'appuie pas et esquive souvent. Il évoque quelques semaines dans la vie du jeune Michel-Ange, cela s'est passé il y a 500 ans et on ne sait pas grand-chose là-dessus, même s'il y a quelques documents.
Est-ce un roman historique? Oui et non, l'auteur se réfère à ce genre mais en même temps se met à distance par de petites remarques, des anticipations. Il évoque plutôt une ambiance, des impressions. Il énumère des objets, pose des paysages. Il capte l'émotion du personnage dans un geste. Il se demande si on peut vraiment accéder au réel, et si nous ne devons pas accepter nos limites.
Enard est surtout intéressé par la forme, la recherche formelle: découpage en courts chapitres, scansion à travers les monologues intérieurs de l'Andalouse, montage, clôture (le héros est parti, il rentre, rien ne reste de ce séjour - sauf quelques lettres, un dessin de pont, et peut-être des souvenirs plastiques inscrits plus tard dans sa peinture).
A cause de ce souci formel, des contraintes qu'il s'est données, de l'orientalisme, on peut rapprocher son roman de Seta (Soie), le roman d'Alessandro Baricco (1997).
Parle-leur... peut laisser le lecteur froid, mais l'intéresser, comme pratique de l'art d'écrire et comme réflexion sur un artiste.
Jeanne

La deuxième séance a eu lieu le 19 novembre 2010, chez Jacqueline.


Francette, Murielle, Jeanne (qui introduit et anime les échanges), Gérard, Jacqueline,Dominique, Nicole, Michèle et Paul ont passé plus de deux heures à parler du dernier livre de Patrick Modiano, L'horizon.

Les débats ont été vifs, le livre de P.Modiano suscite la passion, parfois le rejet, jamais l'indifférence

 

 

   

 

 

 La première séance  a eu lieu le 28 septembre 2010, chez Jeanne,  à Chissey en Morvan. Le livre était  La Montagne magique de Thomas Mann - un classique publié en 1924, si riche en thèmes de discussion que la séance  a duré  de 19h à  21h.

   

Ici, en Morvan, les participants n'ont eu aucun mal à s'acclimater à cette rencontre littéraire nouvelle formule.